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1. Le dessin (Kalam en tamoul)
Toute broderie se fonde sur un dessin; le dessin est tout d'abord réalise au crayon à taille réelle sur un calque, si le rideau à broder mesure 4,50m par 1,80m le dessin devra précisément mesurer la même taille. La réalisation d'un dessin peut parfois demander jusqu'à 2 à 3 semaines de travail.Si les coloris sont multiples parfois jusqu'a 50 coloris, le dessin peut parfois s'accompagner d'une gouache à taille réelle pour permettre au brodeur de savoir où placer ses
couleurs.
2. Le Piquage Une fois le dessin réalisé les brodeurs le piquent à l'aiguille afin de le perforer entièrement. Cette opération délicate peut nécessité 2 à 3 jours de travail pour une dizaine de
brodeurs.
3. Le ponçage (Chapa en tamoul)
Une fois piqué le calque est maintenu par les brodeurs qui le déposent sur le tissu tendu sur le métier ou bien sur une table si le tissu est trop souple et risqué de se
déformer. On applique alors une poudre de craie, mélange de gomme arabique réduite en poudre et d'un fixateur a base d'alcool sur le calque - la poudre se glisse à travers les trous et le dessin apparaît sur le tissu; l'opération est délicate car en aucun cas le calque ne doit bouger afin d'éviter un dessin trouble et peu précis.
4. La broderie peut alors commencer sur le métier
Le métier à broder est un cadre en bois pouvant peser jusqu'à 120 kilos pour un grand métier de 6m de long. 2 mats (les mortaises) forment la partie la plus longue du métier, les tirelles qui traversent les mortaises permettent de régler la largeur du métier, ce sont des planches parfois que l'on bloque a la largeur désirée avec des clous- le métier est pose sur des tréteaux à 40 cm au dessus du sol, les brodeurs sont assis autour du métier.
5. La broderie
La broderie se développe du centre vers l'extérieur, en déroulant le tissu enroule autour des mortaises et en le retendant à chaque fois à l'aide d'une vapeur que l'on a passé sous le tissu pour toujours le maintenir parfaitement tendu.
Si la pièce de tissu est importante le déroulage et la remise en place du métier peut prendre une journée et nécessite une équipe de 6 ou 8 brodeurs, un peu comme le montage des voiles sur un bateau.
6. Les outils
L'aiguille (Ussi) et le crochet (Aari) composent l'essentiel des outils du brodeur, le crochet est une sorte d'hameçon qui permet au brodeur d'attraper le fil qu'il tient dans la main gauche sous le métier, de le faire passer a travers le tissu et en tournant son crochet de réaliser un noeud qui ressemble au maillon d'une chaîne; d'ou son nom de point de chaînette; le point de chaînette peut être miniscule (point de Beauvais) ou plus épais si le brodeur groupe plusieurs fils ensemble. Les brodeurs fabriquent souvent eux-mêmes leurs crochets qu'ils adaptent a leurs mains.Les crochets sont fabriqués à partir d'une aiguille polie à l'envers dont le chat a été coupés pour prendre la forme d'un hameçon ou d'un harpon, la longueur et l'épaisseur du manche entre 5 et 8 cm dépend de la main de chaque brodeur.
La diversité des points de chaînettes est immense et peut se réaliser avec presque tous les fils, laine, soie, coton, métal, cuir, lin, etc.…
Le crochet est une invention du 19e siècle peut-être française ?
L'aiguille reste l'instrument par excellence, elle permet une variété de points presque infinie, elle fixe aussi sur le tissu les matières autres que les fils, paillettes d'or, sequins, rubans, perles, canetilles, jaseron, filet d'or, boutons et tous les ingrédients que l'on peut fixer sur un textile.
Les points les plus couramment employés sont:le point lancé, qui se doit d'être précis et régulier et qui couvre bien.le point de pierre qui crée l'illusion d'un tissu canetille.le point de Boulogne qui fixe un faisceau de fils groupés ensemble sur le tissu en les fixant à intervalles
réguliers.le point mousse ou point velours qui forme des boucles que l'on taille aux ciseaux afin d'obtenir l'équivalent d'un tapis
noué.le point de passé empiétant qui permet d'interpréter les coloris et de réaliser des
dégradés.le point riche, sorte de bourdon
épais.le point d'ombre qui crée des zones opaques à l'arrière du
tissu.le point de bourrage, relief crée par des fils groupés parfois très épais et sur lequel on pose en dernier la chenille, le fil d'or ou la canetille, ou même un tissu en application.
8. La canetille et le jaseron
La canetille est un ressort fabrique a partir de métal trempe d'or ou d'argent, souvent utilisés pour les broderies d'apparat, de cour, les uniformes de grands officiers, les trônes, les lits d'apparat ou même les riches rideaux de velours. La canetille est coupée en sections de petits ressorts selon la taille désirée, le brodeur traverse le ressort avec son aiguille d'un bout à l'autre et le fixe à chaque extrémité sur le bourrage (le relief). Cette technique joue avec les reliefs, elle est particulièrement impressionnante et donne l'impression d'un travail d'orfèvrerie sur tissu comme des filigranes
d'or. La canetille peut être ronde, carrée, colorée, poudrée, torsadée pour jouer toute la gamme des textures du métal, elle s'accompagne souvent de jaseron, torsade de métal souvent posés comme des écailles de
poisson.
9. En broderie d'ameublement on utilise également beaucoup d'application de tissus de cuir, de daim de gazes d'or ou d'argent qui sont posés en plein puis découpés comme des marqueteries de tissus.
10. Le ruban est également fréquemment utilisé, il peut être d'or ou de satin, de cuir ou de velours, plissé, gaufré, torsadé, etc.… il est fixé à l'aiguille ou au crochet et sert souvent d'encadrement ou de bordure a une broderie plus complexe - toutes sortes de ganses, retors, cordons et cordonnets sont également utilisés dans le même but pour encadrer ou souligner des broderies plus fines.
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